Comment accueillir les émotions de l’enfant ?

8e ATELIER DU CERCLE DES PARENTS PAS CARRÉS – 19 janvier 2019

« Comment accueillir les émotions de l’enfant ? « – Intervenant : Émilie MICHEL

Émilie MICHEL, psychopédagogue, coach parentale dont le cabinet est à Niort, accompagne les parents sur tout ce qui concerne la parentalité. Elle animait la conférence-débat du 19 janvier.

COMPTE RENDU

I – Votre enfant ressent une émotion, il a besoin de l’exprimer.

Emilie MICHEL : Nous sommes là pour parler des réactions émotionnelles des enfants. Je précise émotionnelle car il y a des réactions qui ne sont pas émotionnelles.

Qu’est-ce qu’une réaction émotionnelle ?

Un enfant capte la situation environnante par des capteurs sensoriels. Les 5 sens sont les capteurs sensoriels qui vont prendre connaissance de la situation extérieure. Entendre, voir, sentir des choses : cela passe ensuite par la moelle épinière et arrive au cerveau. Le cerveau fait réagir la personne. Le point de départ est une situation qui joue le rôle de déclencheur

Premier exemple : un enfant joue aux legos et n’arrive pas à imbriquer ses pièces les unes dans les autres. Il rouspète, râle de plus en plus fort.

Quelle est la situation de départ ? C’est un échec et la réaction est de la colère. C’est l’émotion de la colère qui est le moyen d’expression.

Deuxième exemple : au moment du coucher, votre enfant repousse l’heure d’aller au lit. Vous sentez que cela ne va pas. Il finit par vous dire, « je n’ai pas envie d’aller à l’école demain, j’ai un contrôle. »

Quelle est la situation de départ ? C’est un enfant qui doit faire une évaluation le lendemain. La réaction est du stress face à cet événement et de la peur. La conséquence : il ne veut pas aller se coucher ; c’est un moyen d’expression.

Troisième exemple : vous vous promenez à l’extérieur avec votre enfant. Il tombe, s’égratigne un peu et pleure.

La chute est la situation de départ. La réaction est la douleur.

Dans ces exemples, où trouve-t-on une réaction émotionnelle ? Le deuxième exemple montre une réaction émotionnelle avec la peur. La douleur est une réaction du corps, mais c’est une sensation, pas une émotion.

Comment faire face à ces trois situations ?

N°1 :

Faire diversion (pourquoi tu réagis comme cela ? Relativiser).

Il est normal de ne pas y arriver du premier coup.

On apprend de ses erreurs.

C’est pas grave, je vais t’aider.

N°2

Tu feras du mieux que tu peux.

L’évaluation sert à savoir où tu en es.

Pourquoi cela te fait-il peur ?

Tu as le droit à l’erreur.

N°3

La prévention : « attention tu vas te faire mal » et non « ne te fais pas mal ».

Dans ce cas particulier, il faut faire attention aux images mentales que l’on génère. L’enfant n’entend pas la négation jusqu’à l’âge de trois/quatre ans. Par exemple à l’école il faut dire : « Dans les couloirs on marche » et non « on ne court pas dans les couloirs ».

Pour une meilleure compréhension, Émilie MICHEL fait jouer les différentes situations aux participants de l’atelier.

II – Son émotion exprimée, l’enfant peut raisonner et savoir de quoi il a besoin.

Le cerveau est composé de trois cerveaux. En partant du bas :

1 – le cerveau reptilien (qui est le cerveau archaïque en charge de la survie)

2 – le cerveau limbique (émotion, apprentissages)

3 – le néocortex (logique raisonnement)

L’information arrive par le cerveau archaïque et continue vers le cerveau limbique.

Lors d’une discussion, l’enfant est dans le cerveau limbique, l’adulte dans le néocortex. Il faut faire grimper l’enfant dans le néocortex pour qu’il y trouve la solution. Les chemins neuronaux entre le limbique et le néocortex ne se construisent qu’à partir de 4 ans. Jusque-là l’enfant ne peut grimper seul dans le néocortex ; il faut l’aider. Plus on permet à l’enfant de passer du limbique au néocortex, plus l’enfant va se l’approprier. C’est fondamental. Moins vous parlerez, plus les enfants parleront. Ce n’est pas votre néocortex qui doit proposer une solution (Si c’était moi …), mais le sien.

Les connections neuronales ne sont terminées que vers 25/30 ans.

Il va falloir que l’enfant soit reconnu dans ce qu’il sent c’est ce qui va lui permettre de passer au néocortex. Un stimulus donné va libérer les hormones et seulement après arrivera la réaction qui, elle-même arrivera après les sensations. Le premier travail du parent est de faire un scanner intérieur de ce qui se passe chez l’enfant. Il faut obtenir des informations de l’enfant pour mieux comprendre ce qui se passe en lui disant par exemple : « J’ai l’impression que, etc… » pour obtenir une réponse.

L’enfant dispose de trois outils pour s’exprimer :

1 – le langage. L’enfant va s’exprimer avec des mots.

2 – des petits mots, des interjections ponctuant ce qu’il dit (ok, oui, etc.) vont l’aider à accoucher de son émotion.

3 – enfin on va lui faire nommer son émotion pour lui faire trouver la solution.

L’important est de savoir ce qu’il ressent sans lui poser de questions.

III – Limite de l’accueil des émotions : la violence

Il faut stopper la violence ; dire par exemple :

« Parler de cette manière, c’est de la violence, stop »

Lui faire exprimer sa colère : « Je vois que tu es très en colère »

En exprimant ses goûts, ses envies, ses sensations, ses émotions, l’enfant apprend à se connaître et construit son identité.

PROCHAIN ATELIER

Samedi 23 mars 2019

De 10 h à 12 h

Thème : « Coopérer au sein de la famille »

Intervenant : Mme Émilie MICHEL

 

Février 2019