Une exceptionnelle journée culturelle à Savio

Le 20 mars 2019, Michael Paul Zemour était aux commandes de la journée culturelle saviotine. Une journée pleine d’enseignements qui restera dans la mémoire des Saviotins.

Michael Paul Zemour consacra la matinée à parler aux Saviotins de sa vie. Comment, élevé dans une grande et belle maison avec piscine à Miami, avec une vie qui pouvait paraître sans problème de l’extérieur, il s’est retrouvé projeté du jour au lendemain dans un univers hostile et confronté malgré son jeune âge à des problèmes d’adultes.

Il apprend ainsi un soir en rentrant du cinéma, alors qu’il a une douzaine d’années, que son père a été assassiné et qu’il appartenait à la maffia. Sa mère, alcoolique, ne pourra le protéger pas plus que son frère ou sa sœur. Il ne va plus pouvoir compter que sur lui-même car son oncle Gilbert, qui dans un premier temps s’occupe de lui, sera lui aussi assassiné. Après cette brève étape parisienne auprès de son oncle, la famille doit se cacher en Espagne, puis c’est le retour à Miami, mais il était devenu infréquentable. Dans ce pays de la démesure que sont les Etats-Unis, il consomme les drogues les plus violentes pour anesthésier sa douleur et devient accro.

L’engrenage est rapide : il connait une véritable descente aux enfers et, à 18 ans, il est seul et à la rue. De telle sorte qu’il considère que la prison, où il passera cinq ans de sa vie, lui fait finalement du bien : il côtoie d’autres personnes et il apprend à vivre en société. S ‘il n’y avait pas eu la prison, il se serait probablement fait massacrer dans les quartiers chauds de Miami.

IMG_0371

Il ne survivra à tout cela que grâce à lui-même, à son intelligence et sa capacité à bien raisonner, ce qui est assez remarquable pour un individu qui s’est formé seul.

L’axiome de départ est simple : « Si je ne m’en sors pas tout seul, personne d’autre ne le fera pour moi » ou encore « On a tous la responsabilité de faire quelque chose de sa vie. ». Et s’il ne croit pas en lui qui d’autre y croira ? Il apprend à s’aimer, à devenir son meilleur ami et à sa sortie de prison, il monte un groupe de musique qui se produit sur les scènes de Miami tout en se trouvant un job régulier. La musique joue un rôle important depuis l’enfance, elle va devenir essentielle à sa survie. Devant le risque d’une 33e condamnation pour cambriolage qui refait surface grâce à un procureur teigneux, il s’enfuit en France en 1997, avec en tout et pour tout une valise et sa guitare et repart à zéro. Ce n’est pas évident. Aux États-Unis, il était considéré comme un étranger ; en France aussi. Il part à la recherche de sa mère et apprend qu’elle est décédée. Période difficile où pour avoir un avenir il faut faire les bons choix. Il se pose la question « Pour quoi suis-je fait ? » Cela lui a paru le plus important à déterminer avant d’aller plus loin, savoir ce qui le rendait vraiment heureux et qu’il ferait le mieux. Il enregistre alors son premier album.

Après cet exposé sur les difficiles débuts de sa vie, Michael répondit aux nombreuses questions des Saviotins dont certaines furent très pertinentes. Citons celle de Zina qui lui demanda de résumer sa vie en trois mots et à qui Michael finit par dire après mûre réflexion : « Avant, après et maintenant ».

L’après-midi fut consacré à la musique. Les Saviotins assistèrent à l’installation du matériel par Michael et Lucie sa compagne qui chante avec lui et assure la rythmique. Le couple interpréta des titres des différents albums de Michael, cinq à ce jour en tenant compte de celui qui sortira en septembre prochain, pour le plus grand plaisir des Saviotins. Puis Michael joua en duo avec William, un Saviotin qui joue du piano. La journée se termina par une longue séance de dédicaces et de réponses aux questions que posèrent à nouveau les élèves, mais concernant la musique cette fois.

CDS News – 25 mars 2019