Compte-rendu atelier « Coopérer au sein de la famille »

9e atelier le 23 mars 2019 du CERCLE DES PARENTS PAS CARRÉS

Thème : « Coopérer au sein de la famille  » – Intervenant : Émilie MICHEL

COMPTE RENDU

L’atelier du 23 mars 2019 a été consacré aux différentes manières de mettre nos enfants en action, aux conséquences de ces mises en action sur leur construction et leur personnalité à court et plus ou moins long termes.

Exemples de demandes que l’on est couramment amené à faire à ses enfants et qui sont représentatives de la vie d’une famille :

Aller prendre sa douche

Passer l’aspirateur

Ranger sa chambre

Faire ses devoirs

Mettre le couvert

Faire la vaisselle

Respecter les consignes et les règles de la famille

Comment,en tant que parent, procède-t-on concrètement à ces demandes ?

Lorsqu’il s’agit des devoirs, on peut être amené à utiliser ce qu’il faut bien caractériser de chantage : si tu ne fais pas ceci, tu n’auras pas cela.

Pour la douche, certains parents fixent des horaires et indiquent qu’il faut y aller lorsque c’est l’heure.

Concernant l’heure du coucher, moment toujours délicat, on répète : « va te coucher ».

À propos de ranger sa chambre, les parents, la plupart du temps, disent « Va ranger ta chambre » ou alors se livrent au chantage.

Respecter les consignes et règles de la famille : une bonne solution est de mettre en avant ses propres besoins et d’expliquer que, si l’on doit tout faire soi-même, on n’a plus le temps d’exister.

La question qui se pose : est-ce que ce que vous faites pour mettre vos enfants en action marche ?

Fixer des horaires pour la douche, par exemple : cela dépend des enfants, cela marche ou pas.

Le fait de fixer des horaires est une indication parentale. Si l’on dit : « va te doucher », cela devient un ordre. Si l’on en arrive à dire : « Si tu ne veux pas participer, je ne ferai pas à manger pour toi », c’est du chantage.

Tous les membres d’une famille vivent ensemble et devraient participer aux différentes tâches de la vie de famille. On vit ensemble, on fait les choses ensemble ; ce sont les valeurs de votre famille que vous voulez transmettre au quotidien.

On dit « on » et pas « tu ». « On » : vous avez édicté une règle qui est une valeur importante pour vous. Cela nourrit vos besoins, par exemple : il me faut du temps pour moi.

Mettre des règles en place, cela permet le moment venu de rappeler la règle.

Il faut comprendre pourquoi vous mettez des règles en place. Si vous le savez, cela vous aidera. Lorsque l’on édicte des règles, il faut les rappeler sans cesse et, souvent, nos enfants ont l’impression que nous les dévalorisons et pensent que nous ne leur faisons pas confiance. Il faut expliquer, pour que les enfants prennent conscience, que nous aussi, adultes, existons et, pour ce faire, il faut parfois activer la peur ou la culpabilité qu’ils peuvent ressentir.

Les parents constatent dans l’ensemble que, lorsqu’ils parlent de leurs besoins propres, la réponse de leurs enfants est plutôt positive.

Il faut faire en sorte que les enfants prennent conscience de ce que leurs actions peuvent générer comme conséquences, en faisant appel à leur sens de la responsabilité et, après, on en discute avec eux.

Lorsque vous donnez un ordre à votre enfant, il a le choix : soit il accepte, soit il n’accepte pas. S’il accepte, nous sommes dans le schéma de la soumission, s’il n’accepte pas, dans celui de la rébellion.

Avant l’adolescence, les parents sont les repères de l’enfant ; après ce sont les copains. À l’adolescence, à chaque fois qu’on leur dit de faire ceci ou cela, c’est comme si on leur disait non. Les adolescents sont en devenir ; il faut leur faire comprendre que la rébellion ne signifie pas qu’ils sont en train de s’affirmer ou de vivre pour eux. Cela concerne la relation à l’autre et, en fait, se retrouve à tout âge.

Donc soit vous donnez un ordre à votre enfant : « Tu fais ça », soit, deuxième solution, vous êtes dans la coopération. Vous vous mettez à côté de lui et vous lui donnez une information. Dans ce cas, c’est lui qui va devoir faire le chemin. C’est l’adulte qui pose le cadre autour de l’enfant ; nous sommes à l’intérieur du cadre et je fais coopérer mon enfant. Il a toute liberté de le faire à sa manière.

C’est le parent qui va poser le cadre et les règles. C’est un jeu de pouvoir : il y a un dominant et un dominé et il faut que l’enfant cède. C’est pour cette raison que c’est différent d’un enfant à un autre.

La règle du « Quand on …, on… » qui permet d’expliciter vos attentes devient très importante. Exemple :

« Quand on goûte, on débarrasse la table. »

« Quand on parle à quelqu’un, on lui parle avec respect »

L’objectif du parent est de mettre l’enfant dans son « je » : je suis cette personne. C’est l’enfant qui se connaît qui peut se mettre dans son je et si je me connais, je peux m’affirmer, mes faire respecter. C’est le début de tout.

La non affirmation de soi signifie pour l’enfant des angoisses, de l’anxiété et des phobies. La non affirmation de soi donnera des enfants avec une faible estime d’eux-mêmes. Les enfants qui ne sont pas dans leur je et qui n’assument pas leurs responsabilités peuvent se tourner vers le mensonge.

Dans le cadre de la rébellion, on a affaire à un excès d’affirmation de soi. C’est l’énorme JE qui prend toute la place et mène à l’irrespect et à la violence.

On ne vit pas deux fois dans sa vie une période comme celle de l’adolescence ; ils sont tous plutôt dans la rébellion. C’est le moment où l’élan de vie fait que les adolescents se détachent du porte-avion familial pour aller voir plus loin, mais reviennent. Le phénomène perdure jusqu’à la séparation finale.

Décrire la situation problématique pour attirer son attention

Par exemple, vos enfants ont goûté et tout est resté en plan : le pain est sorti, la confiture aussi, il y a des miettes sur la table. Vous allez capter l’attention de vos enfants en décrivant ce que vous voyez. On est dans la coopération et cela fonctionne bien avec les petits, plus difficilement avec les ados.

Le lendemain, à l’heure du goûter, lui demander ce qu’il décide :

– soit tu goûtes et tu ranges

– soit tu ne goûtes pas.

Il faut faire en sorte que les enfants/adolescents prennent part aux responsabilités et vous constaterez que, plus vous utiliserez la coopération, moins vous aurez de problèmes.

Si l’enfant vous répond mal et que l’on sort du stade de la coopération, il faut donner le choix :

– soit tu me parles avec respect

– soit tu décides que tu ne peux pas être dans la pièce de vie avec moi.

Mal parler à ses parents est une agression que l’on ne peut accepter, et il faut que l’enfant comprenne que l’on subit la conséquence de ses actes.

 Donner un renseignement

Il s’agit de donner une information que l’enfant n’a pas. Si, par exemple, il a laissé trainer la bouteille de lait sur la table, lui dire : « Le lait tourne hors du frigo. Alors, on ne peut plus le boire. » On déplace le problème, il ne s’agit plus d’un ordre, mais le résultat est le même : il faut ranger la bouteille.

Dire les choses en un seul mot

Plutôt que de faire un long discours. Par exemple, s’il a laissé ses chaussures dans l’entrée, lui dire simplement : « Chaussures ». Tout doit être dans le ton utilisé qui prend le dessus sur le discours.

Décrire ce que l’on ressent

Je trouve agréable quand je rentre de trouver une table bien propre.

Écrire une note

Toujours avec humour et surtout sans sarcasme. Nous ne résisterons pas à l’envie de vous donner l’exemple de la note d’Émilie Michel :

« J’aime vous voir manger

Vous rassasier de votre goûter !

Mai j’aime aussi

Quand tout est fini

Être propre débarrassée

Pour le prochain goûter ! »

Votre table

PROCHAIN ATELIER

Samedi 18 mai 2019

De 10h à 12h

Animé par Mme Émilie Michel

Sur le thème : « Restaurer l’estime de soi »