Quand le travail scolaire devient une affaire de famille

Le mot du pédagogue

Cette période de confinement sera pleine d’enseignements pour chacune et chacun d’entre nous…

Demander aux enfants, confinés chez eux, de continuer à travailler comme s’ils étaient à l’école relève du parcours du combattant… Qui plus est pour les parents ou familles d’accueil qui doivent s’improviser enseignants presque du jour au lendemain… Ce n’est pas facile car, pour des enfants, on est élève à l’école, mais pas à la maison… Cependant, la situation est tellement complexe et inédite qu’ils n’ont pas le choix que de travailler à la maison afin de ne pas trop prendre de retard dans le programme scolaire encore trop lourd à mes yeux. De plus, nous sommes à la fin du second trimestre, et le programme de l’année scolaire bat son plein.

Je ne reviendrai pas sur tout ce que j’ai écrit dans les articles précédents, mais je remercie les familles qui ont tout mis en œuvre pour accompagner au mieux, scolairement, les enfants.

Quelques exemples !

– En effet, quand j’ai demandé aux enfants de préparer un exposé sur « les migrations dans le monde » (en vue de la venue de l’Association « Aide et Action »), ce sont plusieurs familles qui se sont mises à effectuer des recherches sur internet, puis à organiser l’exposé. Je suis ravi lorsque les parents me l’écrivent.

– Ensuite, quand je donne une oeuvre musicale à écouter et un dessin à effectuer pendant ladite écoute, ce sont plusieurs fratries qui se mettent à dessiner ensemble, et je reçois tous les dessins, même ceux des enfants « non Saviotins », à étudier et à noter. Un autre exemple : celui d’une maman qui écoute la musique et dessine en même temps que son fils. Une fois les dessins terminés, elle me les envoie. N’est-ce pas un superbe moment de partage qui permet de nouer d’autres liens au sein de la famille ?

– En Espagnol, pour les Saviotins de 5e dont c’est une initiation, ou même en Anglais où les enfants ne sont pas toujours à l’aise, ce sont les parents qui aident à traduire un texte ou à faire réciter les mots encore inconnus.

Je pourrais encore vous faire partager d’autres exemples de ce type, mais vous l’aurez compris : la valeur du partage, surtout en cette période de confinement où nous sommes plus fragiles, voire plus vulnérables, est essentielle pour nos jeunes élèves qui ont besoin d’être motivés sans cesse, de trouver du sens à leur travail scolaire car travailler à la maison, pour beaucoup, est loin d’être simple…

Christophe Labrousse

Directeur-Fondateur de l’École-Collège Dominique Savio