Les compétences à travailler lors du déconfinement

Mot du pédagogue

Durant huit semaines, nous nous serons retrouvés totalement confinés, chez nous, loin de toute vie sociale. Etre confiné, cela veut dire, être enfermé, prisonnier, privé de toute liberté « extérieure »…

Il nous a fallu apprendre à vivre « en vase clos », donc à se supporter, ce qui n’a pas été toujours facile… En effet, quand on isole quelqu’un sensoriellement alors qu’il ne le souhaite pas ou qu’il n’y est pas préparé, cela restreint obligatoirement la stimulation de son cerveau… Si cela dure trop longtemps, cela va provoquer des angoisses et des décompensations psychologiques…

Alors, la question que nous pouvons nous poser en tant que professionnels de l’éducation est de savoir dans quel état psychologique allons-nous retrouver nos élèves en classe ?

Maintenant que l’heure du déconfinement a sonné, et que certains enfants vont reprendre le chemin de l’école, qu’un « semblant de vie » va reprendre son cours – mais à quel prix… -, à nous enseignants, éducateurs et pédagogues, sur le terrain, de trouver les réponses les plus adaptées en fonction de cette situation inédite pour apaiser les enfants. Le comportement de ces derniers ne sera que l’expression de leurs émotions ; s’ils n’ont pas appris à les contrôler petits, ils risquent d’exploser parfois.

En effet, notre rythme de vie, synonyme, comme j’aime à le répéter, de rite, se trouve altéré, donc déséquilibré par le confinement. Avant le confinement, nous nous plaignions car nous souffrions du manque de temps. Aujourd’hui, nous nous plaignons car nous avons trop de temps…

– Nos enfants sont pleins de vie ; ils ont envie de vivre ; ils bougent, et c’est bon signe ! A cette occasion, les plus jeunes vont redécouvrir le plaisir d’aller à l’école, et de retrouver les copines et les copains.

– Pour d’autres, retourner à l’école, remettre les pieds dans la « vraie » vie peut se révéler très angoissant, voire anxiogène… L’impact psychologique et sociologique sera plus ou moins important selon les différents tempéraments. Notre rôle en tant que parents va être de bien accompagner nos enfants et ce, bien en amont du déconfinement, en leur posant pleins de questions sur leur ressenti par rapport :

– au coronavirus

– au confinement

– au fait d’avoir été privé du monde extérieur

– au déconfinenement

– etc.

Il faut leur permettre d’exprimer leurs émotions en les apaisant de la manière suivante : « Ok, j’entends tes émotions et les reçois, mais sache qu’avant le confinement, tu étais capable de vivre dans le monde extérieur, dans la société qui ne te faisait pas peur. Aussi, je t’invite à fermer les yeux, à prendre la machine à remonter le temps – que j’affectionne toute particulièrement – et à t’imaginer à l’école, entouré de tes copines, de tes copains, de tes profs, etc. ». Ou encore : « Fais-toi confiance et fais-moi confiance ; tu y arriveras ! » Ou même : « Tes craintes sont légitimes, mais tu vas les surmonter ; nous serons là pour t’accompagner de notre mieux ! » Des phrases de ce type apaiseront les enfants.

Ensuite, le port du masque n’est pas anodin… Il représente un frein, une barrière entre nous et l’autre (mais c’est pour le bien de chacun !) ; il va falloir l’ « apprivoiser » et l’accepter car il demeure une entrave à notre liberté, à notre respiration…

Alors, quelles compétences à travailler avec les enfants après ce déconfinement ?

Je mettrai l’accent sur les compétences suivantes :

– la créativité

– la maîtrise de soi

– la prise de recul

– le connaissance de soi

– la prise d’initiative

– la responsabilité et la responsabilisation

– la sociabilité

– l’ouverture d’esprit

– le lâcher-prise

– la confiance

– l’optimisme

Cette liste est non exhaustive bien évidemment, mais je privilégierai, en premier lieu, ces compétences.

Christophe Labrousse, pédagogue

Directeur-fondateur de l’École-Collège Savio