Placer des mots sur les maux en cette période de déconfinement…

Le mot du pédagogue

Depuis plusieurs semaines, le déconfinement s’est amorcé, et nous constatons que le retour à la « vraie vie » s’accompagne de tourments plus ou moins profonds chez certains jeunes.

Si nous analysons la situation, le retour à l’école se révèle plus compliqué que prévu…

En effet, j’ai pu observer chez les enfants, ces dernières semaines, tant à l’école qu’au sein de l’école des parents, « le Cercle des Parents pas Carrés », des réactions bien différentes, suite aux huit semaines de confinement.

– Certains d’entre eux ont acquis de la maturité, de la sagesse et pensent à vivre différemment ; ils respectent les gestes barrières et font attention aux autres ; ils se posent pleins de questions sur l’avenir en essayant, justement, de trouver des réponses à leurs questions : une nouvelle forme de maturité s’est invitée chez eux.

– D’autres se sont ennuyés pendant le confinement ; ils n’ont pas su quoi faire pour transformer cet événement subi en positif ; ils sont restés centrés sur eux-mêmes, ne mesurant pas les conséquences du covid-19, se sentant « extérieurs » au problème, répétant ce vieil adage : « ça n’arrive qu’aux autres ». De retour à l’école, ils manquent cruellement de tonicité – ils adoptent une posture nonchalante – ; ils n’ont pas d’appétence ; ils ne font pas preuve de bonne volonté ; ils se moquent des gestes-barrières qu’il faut leur rappeler sans cesse. Il faut retravailler, chez eux, les notions de sens,de lien et de responsabilisation. Je pense qu’ils se sont retrouvés bien seuls à certains moments parce qu’ils refusaient tout contact ou toute relation avec leurs parents : ils se sont confinés « en eux-mêmes ».

–  D’autres enfin ont essayé de « braver » le confinement ; ils ont tenté de s’organiser un emploi-du-temps, de faire des choses différentes. Cependant, sans que l’on s’en aperçoive, ces jeunes ont pris beaucoup sur eux ; ils se sont retrouvés face à eux-mêmes et, de retour à l’école, la violence semble avoir pris le pas sur leur quotidien, devenant les victimes du confinement. Un mal-être ambiant les assaille ; certaines histoires personnelles sont remontées à la surface… Bonjour les dégâts…

En tant que parents ou professionnels de l’éducation, il nous faut accompagner nos jeunes avec encore plus de vigilance ; les observer et, au moindre signe « suspect » ou inhabituel, consulter un professionnel. Dans quelques mois, nous serons capables, malheureusement, d’évaluer, les conséquences néfastes de cette crise sanitaire sur notre jeunesse.

Il faut être capable de placer des mots sur les maux !

Si vous souhaitez être écoutés, guidés et accompagnés, n’hésitez pas à m’appeler au 06 31 99 30 51.

Christophe Labrousse, pédagogue, directeur-fondateur de l’École-Collège Dominique Savio